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Réflexions sur le diagnostic kinésithérapique et sur le diagnostic ostéopathique

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Les champs de réflexion, d’investigations et d’actions, de l’ostéopathie, de la médecine et de la masso-kinésithérapie sont différents.

La première porte sur le trouble fonctionnel et son traitement. Le deuxième diagnostic aborde la pathologie et son traitement pluridisciplinaire. Le troisième détermine un diagnostic sur les conséquences de la pathologie.

Un diagnostic, pour être propre à une profession, doit relever de son objet et de ses compétences spécifiques. Il doit être spécifique à chaque profession pour ne pas être ambigu. Pour apporter des soins à un patient, il est nécessaire de poser au préalable un diagnostic. Un thérapeute, qui entreprend une action réfléchie et non un simple soin, doit poser un diagnostic. L’acte de poser un diagnostic différencie, entre autres, le thérapeute du soignant.

1. Le diagnostic ostéopathique

Pour effectuer leur diagnostic, les ostéopathes utilisent une logique qui trouve sa justification dans le concept ostéopathique. Pour permettre ce diagnostic, nous réalisons un bilan composé de 4 étapes :

L’interrogatoire, le diagnostic palpatoire, le diagnostic étiopathique et d’exclusion.

La présentation qui suit n’est pas une chronologie des séquences du diagnostic ostéopathique mais la présentation des démarches à mettre en œuvre pour aboutir à la compréhension du trouble fonctionnel et ainsi déterminer le traitement approprié au patient.

1.1. L’interrogatoire

L’interrogatoire n’est pas propre au diagnostic ostéopathique mais il est nécessaire et doit être bien conduit. Les questions fondamentales suivantes doivent être posées :

- Quel est votre principal problème ?

- Quelles sont les mouvements, les postures qui améliorent vos douleurs ou qui aggravent ?

- Le comportement de la douleur sur 24h

- L’histoire de la maladie.

1.2. Le diagnostic palpatoire

En ostéopathie, c’est la première démarche sensorielle : la perception palpatoire.

Ce diagnostic palpatoire est basé sur les sensations mais aussi sur la reproduction de la douleur. Ces tests basés sur la douleur sont nécessaires pour rendre plus fiable le diagnostic et doivent être incorporés obligatoirement au bilan.

Ce diagnostic palpatoire se fait en 4 temps :

- 1) Sans mouvement ou avec

- 2) mouvement passif

- 3) mouvement actif

- 4) en charge et en décharge.

Il vise à déterminer les dysfonctions de mobilité des articulations, des muscles, des tendons et des nerfs. Grâce à ce diagnostic, on élabore le listing des dysfonctions de l’ensemble du corps du patient.

Le diagnostic palpatoire est axé sur le concept ostéopathique, c'est-à-dire étymologiquement et sémantiquement sur l’analyse sensorielle du mouvement des tissus du patient. L’origine du mot ostéopathie est grecque : osteon signifie le noyau du fruit, puis par extension l’os, dont la partie palpable du corps du patient et pathos, la relation, la sensation.

Le diagnostic palpatoire recherche le manque de mouvement ou l’excès de mobilité d’une structure de l’organisme. Il détermine déjà une dysfonction de tel ou tel tissu.

1.3. Le diagnostic étiopathique

C’est un raisonnement de type « cause à effet ». Il correspond à la démarche qui conduit des données obtenues par l’anamnèse et par le diagnostic palpatoire vers le mécanisme qui a pu produire les signes présentés par le patient.

Lors de l’anamnèse et de l’examen clinique, l’ostéopathe détermine une chronologie des événements ou recherche la cause principale de tous les signes ou de tous les troubles fonctionnels. Cette démarche est qualifiée d’étiopathique. Elle analyse pour cela les différentes relations de la structure incriminée avec son entourage : système de soutien (ou lien mécanique), innervation (ou lien neurologique et vascularisation (lien vasculaire).

Le diagnostic étiopathique fait le lien entre l’anatomie (structure en restriction de mobilité), la physiologie (la fonction perturbée), et l’expression du trouble fonctionnel.

1.4. Le diagnostic d’exclusion

2 types : le diagnostic d’exclusion médical et le diagnostic d’exclusion fonctionnel

1.4.1. Le diagnostic d’exclusion médicale

Lors de l’examen ou du traitement, l’ostéopathe peut mettre en évidence des affections organiques. Pour cela, il emprunte un certain nombre de procédures de l’examen clinique codifié classique (anamnèse, inspection, percussion, palpation, auscultation, généralement). Par contre, il ne procède pas à une réflexion nosologique. Sa démarche consiste à rechercher et/ou mettre en évidence les signes cliniques d’alerte.

Il s’agit des manifestations qui ne sont pas justiciables d’un traitement ostéopathique, on demande alors un diagnostic médical.

L’ostéopathie ne peut être entreprise seule, sans traitement médical, chirurgical, obstétrique, si le diagnostic médical est positif.

En conclusion, l’ostéopathe oriente sa recherche diagnostique vers les structures anatomiques dont la restriction de mobilité est à l’origine du trouble fonctionnel, et sur les compensations que l’organisme suscite. L’identification de la cause définit le travail thérapeutique. Il est nécessaire d’avoir le diagnostic pour pouvoir commencer le traitement. La démarche diagnostique est donc forcément obligatoire et préalable à la démarche thérapeutique.

Le diagnostic d’exclusion médicale est le premier examen à réaliser après l’interrogatoire.

1.4.2. Le diagnostic d’exclusion fonctionnelle

Il vise à éliminer les régions anatomiques concernées directement ou indirectement par la douleur mais qui sont supposées par l’auteur comme étant des douleurs référées. Il s’agit donc de douleurs secondaires à une dysfonction à distance, exemple : le patient se plaint d’une douleur du poignet et dans la main lors d’une radiculalgie C6. Le diagnostic d’exclusion fonctionnelle visera à éliminer une origine locale (dysfonction fonctionnelle du poignet et des doigts) par un examen rapide du poignet et de la main basé sur la reproduction de la douleur.

 

2. Le diagnostic kinésithérapique

Le décret n°98-879 du 8 octobre 1996, relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute, consacre le diagnostic kinésithérapique

[...] article 2 : dans l’exercice de son activité, le masseur-kinésithérapeute tient compte des caractéristiques psychologiques, sociales, économiques et culturelles de la personnalité de chaque patient, à tous les âges de la vie. Dans le cadre de la prescription médicale, il établit un diagnostic kinésithérapique et choisit les actes et techniques qui lui paraissent appropriés.

L’Association française pour la recherche et l’évaluation en kinésithérapie (AFREK) le définit comme un processus d’analyse des déficiences et des incapacités observées et/ou mesurées. C’est un pronostic fonctionnel dont les déductions permettent :

- D’établir un programme de traitement en fonction des besoins constatés,

- De choisir les actes en kinésithérapie à mettre en place.

Le diagnostic kinésithérapique s’appuie sur la tripartition des bilans, structurels, fonctionnels et situationnels, pour ordonner la démarche thérapeutique.

Le bilan structurel se fait par l’analyse des données fournies par le diagnostic médical. Il détermine si la pathologie dont le patient est atteint est en phase subaiguë, aiguë, stabilisée, séquellaire, chronique, évolutive... Il permet de rechercher les dysfonctions sans pour autant établir une causalgie, et un diagnostic précis.

Le bilan fonctionnel utilise un ensemble de tests qui permettent de déterminer l’incidence de la pathologie sur l’appareil locomoteur, à travers ses diverses fonctions le mouvement, l’équilibre, la coordination, la stabilité...Il énumère ainsi les incapacités.

Le bilan situationnel requiert de demander l’avis du patient car ses attentes et sa participation au programme thérapeutique priment les autres considérations. Il intègre les caractéristiques psychologiques, sociales, économiques et culturelles de la personnalité.

Le mouvement est alors considéré comme un processus cognitif de perception de soi et du monde extérieur. On peut nommer ainsi les désavantages liés à la pathologie.

Le diagnostic kinésithérapique est une résolution de problèmes en évaluation constante. Il ne cesse de se modifier en fonction des progrès accomplis. Il représente une procédure évolutive qui permet de former un régime de traitement et de pronostic de récupération. Il permet d’adapter le traitement. Il détermine les techniques kinésithérapiques à réaliser.

Cette modulation prend en compte :

- La pathologie initiale déterminée par le diagnostic médical,

- Les objectifs réalisables par la masso-kinésithérapie, dans le cadre d’une telle pathologie,

- L’investissement et l’adhésion du patient aux options proposées.

 

3. Synthèse

Il existe une complémentarité entre le diagnostic ostéopathique et kinésithérapique.

- Si le diagnostic kinésithérapique est plus général avec la détermination des incapacités et des désavantages, le diagnostic ostéopathique a une démarche propre à la recherche des dysfonctions. Ce diagnostic ostéopathique est ainsi plus précis sur cet item cherchant une véritable chronologie et un lien de cause à effet à l’expression fonctionnelle de la pathologie. Le diagnostic ostéopathique permet de recevoir un patient sans diagnostic médical au préalable.

- Le diagnostic kinésithérapique tient compte de la difficulté à réaliser un mouvement et il est plus fonctionnel, orienté vers le handicap.

 

Bibliographie :

Thomas, M. 1992. Réflexions sur le diagnostic. France : Académie d’Ostéopathie de France. Dictionnaire médical Masson

Viel, E. 1999. « Le diagnostic kinésithérapique : vous savez le faire alors sachez le faire. » Kinésithérapie Scientifique n°389, p. 4-8.

Bridon, F, Surmont, C.1999. « Le diagnostic kinésithérapique : problèmatique de formation et perspective. » Kinésithérapie Scientifique n° 389, p. 13-18.

Jarveliat, P, 2004 «Les réflexions sur le diagnostic», Apostill n°14, reproduit avec l’autorisation de Laurent STUBBE, Président de l’Académie d’Ostéopathie.

 

Pascam.Pommerol , directeur de l'école d'ostéopathie "plpformation" agrée par le ministre de la santé

site: www.plpformation.fr et www.pascalpommerol.fr