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Les périostites tibiales : mieux vaut prévenir que guérir

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périostite tibiale rééducationIntroduction

Les périostites* tibiales représentent un véritable fléau pour les sportifs et pour les praticiens. On constate malheureusement très souvent un asynchronisme entre l’apparition des premières douleurs tibiales et la véritable prise en charge de celles-ci.

Si le traitement symptomatique donne des résultats aléatoires dont il serait très présomptueux d’avancer un délai de guérison précis, la prise en charge étiologique reste identique à celle de toutes les pathologies de surmenage à savoir : correction des troubles morphostatiques et morphodynamiques et optimisation de l’ergonomie du sport en fonction de la discipline pratiquée.


Physio pathologie

Dans la littérature, deux théories s’affrontent, ou plutôt se cumulent pour expliquer le mécanisme d’apparition des pathologies du périoste chez le sportif : le décollement des 2 feuillets du périoste, et les microlésions du périoste engendrées par un mauvais amorti du pied au sol.


Rappelons que le périoste se divise en 2 couches :

- une couche superficielle, fibreuse dont le rôle principal est mécanique et sur laquelle s’insèrent solidement les muscles ;

- une couche profonde, plus active et dont l’activité cellulaire (ostéoclastique ou ostéoblastique) dépend du type et du volume des contraintes mécaniques subies.


Deux hypothèses

Le premier mécanisme avancé pour expliquer une périostite est le décollement de la couche superficielle du périoste par l’action de traction qu’exercent les muscles s’insérant à ce niveau. Un amas graisseux s’installe parfois entre les 2 couches ce qui nuit au recollement des 2 feuillets.

La seconde hypothèse physio-pathologique est le remaniement osseux de cette zone du tibia, en réponse aux contraintes mécaniques vibratoires générées par les impacts du pied au sol. Ce mécanisme engendrerait des lésions plus profondes que le précédent, et l’on se trouverait ici à la frontière entre périostite et fracture de fatigue.


Facteurs de risque

Les syndromes tibiaux d’effort, comme les tendinopathies et autres pathologies micro-traumatiques, relèvent non pas d’une cause unique, mais d’un ensemble de facteurs de risques intrinsèques comme extrinsèques.


Principaux facteurs de risque intrinsèques

- Age

- Hygiène de vie

- Anomalies morphologiques (valgus calcaneun, inégalité de longueur des membres inférieurs, brièveté du triceps surale…)

- Lésion ostéopathique


Principaux facteurs de risque extrinsèques

- Changement ou reprise de sport

- Sports de courses et de sauts

- Défaut d’entrainement et de préparation (excessif, inadapté)

- Chaussage précaire, usé, ou inadapté à la surface de jeu et/ou au morphotype de l’athlète

- Surface d’entrainement de dureté extrême

  

Traitement symptomatique

Le traitement symptomatique des périostites va consister à administrer au patient des techniques plus ou moins agressives dans le but de forcer une cicatrisation, spontanément faible.

Les massages périostés ainsi que la thérapie par ondes de choc sont les techniques les plus efficaces, à défaut d’être les plus agréables.

Le repos sportif est indispensable mais les délais retrouvés dans la littérature ne convergent que très rarement. La physiologie nous amène à un délai d’environ 30 à 45 jours avec reprise progressive. Mais ceci n’est que théorique.

Cependant l’entretien physique par des sports en décharge non douloureux n’est absolument pas contre indiqué.

Le traitement de la douleur n’est pas indispensable étant donné que les périostites ne sont pas douloureuses au repos.


Traitement étiologique

En parallèle du traitement symptomatique, une correction des facteurs de risque est indispensable. Elle comprend la plupart du temps une réalisation d’orthèses plantaires correctrices et amortissantes. Les autres facteurs de risque doivent également être corrigés lorsque cela est possible.


Conclusion

Devant un sportif soufrant d’une périostite, il est impératif de tout mettre en œuvre pour éviter une chronicisation de celle-ci. En effet, un tel scénario modifie l’attitude thérapeutique puisque nous n’aurons plus comme but de guérir le problème, mais de gérer au mieux les douleurs.

Si les résultats du traitement symptomatique restent aléatoires à ce jour, ils méritent d’être entrepris, pendant une période de repos qu’il faudra tenter d’imposer au patient (30 à 45 jours d’emblée).

Les chiffres montrent une réelle efficacité de la prévention avec notamment une amélioration de la qualité des entrainements, l’utilisation de matériel plus performant, et des bilans médicaux plus poussés.

Le problème comme pour la plupart des pathologies micro-traumatiques est que le traitement étiologique n’est entrepris qu’à posteriori de la blessure.


Pierre LAVERNHE – Masseur kinésithérapeute – Gérant de LL-THERAPY


* le mot périostite n’est pas littéralement correct étant donné que le syndrome tibial médial d’effort (ou medial tibial stress syndrom pour les anglo saxons) correspond à une pathologie mécanique non inflammatoire de la jonction teno-periostée proximale du soléaire et du tibial postérieur.